
TWENTY SEVEN YEARS LATER
February 22, 2026À l’été 1992, je travaille sur une exposition, «Boreal Blues» : une réflexion sur la nature fragile de la plus grande forêt du monde qui entoure l’Arctique. Rapidement à court d'espace dans mon sous-sol étroit du boulevard Saint-Laurent, je cherche un studio spacieux et abordable à louer.
Un collègue artiste m'a guidé vers un imposant bâtiment industriel situé sur la rue St-Zotique ouest (dans le quartier Marconi-Alexandra), qu’un imprimeur commercial haut de gamme a récemment quitté. Avec de vastes espaces ouverts, sans division, aux deuxième et troisième étages, des ascenseurs à cage industriels et trois immenses baies de chargement intérieures, l’endroit était parfait. En l'espace d'un mois, mes 12 00 pieds carrés au troisième étage prenaient forme et je me suis installée dans ce lieu de travail / de vie inestimable depuis vingt-sept ans.
Le quartier était alors rude: de petits espaces délabrés, des ateliers de réparation de carrosseries et de voitures remplissaient le labyrinthe de petites rues avec une odeur de peintures et de résines toxiques. Les motards parcouraient ce qui était manifestement LEUR territoire, les lampadaires fonctionnaient à peine et un tunnel piétonnier immonde, sous les voies de chemin de fer abandonnées, mettaient au défi le plus courageux des passants qui parcouraient la rue la nuit. Tôt le matin et tard dans l'après-midi, les rues étaient remplies de la plus diverse et vibrante rivière de travailleurs du vêtement qui commençaient ou mettaient fin à leurs longues périodes de travail dans les usines de tricot et les sweatshop encore en activité. Bientôt, ceux-ci se sont éteints lorsque leurs propriétaires déplacèrent leurs opérations en Haïti ou en Chine. Les rues, silencieuses, attendaient la prochaine génération de vie commerçante. En attendant … , nous, les artistes sommes restés. Nous avons créé dans nos studios, combattu pour résister aux expulsions, construit une communauté et assisté au glissement de la gentrification et du changement. 202 rue St-Zotique ouest était un lieu magie. Il suffisait de souhaiter quelque chose pour le voir apparaître.
Au rez-de-chaussée se trouvait un gigantesque entrepôt appelé SOS Decor, avec des plateaux de cinéma et des accessoires de théâtre recyclés. À tout moment, nous pouvions nous promener pour voir les derniers ajouts… : une tranche de pastèque de douze mètres de haut avec des graines noires brillantes, un sarcophage égyptien, des colonnes grecques classiques doriques et d'innombrables ustensiles armoires de cuisine ingénieuses, sans tiroirs ni portes à ouvrir, et les luminaires étaient tous faux. Je me souviens, un jour, avoir nettoyé mon atelier et j’ai pensé utilisé de grands tiroirs peu profonds pour ranger mes dessins et mes gravures. Plus tard dans la journée, j’ai jeté mes ordures dans le conteneur en bas. J’apperçois alors sur le quai, deux armoires parfaites, sur mesure, avec chacune huit tirroirs. Confirmant qu'elles ont été jetées, à l’aide d’un chariot, je les amenai dans l'ascenseur, puis, quelques minutes plus tard, elles se trouvaient dans mon studio. Plus tard, alors que je nettoyais l'intérieur, j'ai trouvé plusieurs nouvelles et superbes cravates en soie collées au dos des tiroirs. Ces meubles étaient peut-être des présentoirs pour une entreprise de confection, mais maintenant, elles conservent des années de mes oeuvres d'art accumulées sur papier.
Plusieurs locataires sont partis depuis, mais certains artistes s premières années sont toujours au 202 et nous avons réussi à nous battre pour préserver les espaces verts du quartier et à promouvoir un développement responsable de la part des industries de haute technologie qui prennent le contrôle de la région. Nous sommes en quelque sorte les gardiens de l'esprit de Marconi-Alexandra.
Comme cette exposition, INSIDE-OUTSIDE . Les artistes sont vraiment notre mémoire collective.
Trevor Goring artist




